sans titre (le congrès de futurologie)
installation, centre d'art de Genève, 2009
Inhale! (détail), 2009
270*240, encens, colle synthétique
Stèle opaque (Black Rabbit), 2009
200*70cm, bois, laque, encre de chine
dispositif électrique

En guise de notes (été 2009)
J’espérais trouver dans “le congrès de futurologie” de Stanislas Lem un passage qui aurait pu m’éviter de rédiger cette sorte de note introductive. Je l’ai acheté il y a quelques années dans une librairie de seconde main. Et après l’avoir relu en diagonale je ne peux m’enlever de l’esprit la phrase tracée en caractères majuscules à l’encre bleue en page 2 de couverture.
Dédicace faite lors d’un cadeau entre deux amis, je suppose, elle a l’efficacité simple du haïku.
Sa puissance évocatrice oblige à imaginer la scène risible et pathétique qui dans l’espace temps de son action hautement esthétique et politique a fait surgir un nouveau (super)héros du genre humain: UN GARS QUI VOMIT AU RESTO. Trop Beau!

Un titre de livre, de chanson ou de film, constitue souvent un point de départ inconscient. Le titre permet d’agglomérer les différentes tensions en jeu dans une pièce ou dans un ensemble rassemblées en installation. Ensuite il force l’anamnèse.
Et se mettre au service de l’idée, observer sa géométrie particulière dans son déploiement innatendu, lui offrir savoir et énergie. Qu’elle emplisse les volumes et les profondeurs. S’émerveiller de ses contraintes et de son autorité, louer l’incroyable sérendipité!
D’une volute de fumée et d’ombres et d’une phrase composée en caractères Helvetica, dessiner des probabilités.